En électro, la notion de «feedback» est associée aux amplificateurs opérationnels. Soit pour maintenir et rafraîchir une tension d’entrée ou pour obtenir un gain (calculé) de tension en sortie, l’application du feedback est possible si et seulement si l’on retourne la sortie à une des deux entrées. Ce processus assure donc l’asservissement de la sortie en fonction de l’entrée.

En politique, il existe un phénomène très similaire. Avant tout, je tiens à rappeler que je suis un capitaliste classique. Les notions de liberté économique, de concurrence et de mérite me sont très chères. Malheureusement, même dans une telle société, les concepts de «monopole» et de «syndicats omniprésents» n’y sont pas nécessairement absents. Pour le premier concept, une PME d’un domaine précis a beau vouloir innover et vouloir prendre de l’expansion, si en amont, on retrouve un monopole (public ou privé) déjà bien implanté et qui très souvent, n’est jamais très loin du pouvoir politique, alors la PME en question meurt souvent dans l’œuf.

Voila qui introduit bien ce que j’appelle le feedback corporatiste. Comme le montre l’image ci-dessous, la gestion des dépenses gouvernementales (de l’argent récolté par nos lourds impôts) est étalonnée selon les besoins et désirs des grands corporatistes gravitant autour de l’État. Si lors d’une année ou un trimestre, ces derniers se veulent plus gourmands (e.g augmentation des salaires des fonctionnaires, plus de subventions aux grandes entreprises), le feedback voulant toujours maintenir l’équilibre (forcer la stabilité), il peut  donc  y avoir deux avenues possibles pour une actualisation du feedback corporatiste dans notre exemple: soit une hausse des impôts des contribuables ou bien pour un même fardeau fiscal, moins de services et d’aides seront donnés aux citoyens et aux PME. D’une façon ou d’une autre, nous sommes perdants, tandis que les corporatistes gagnent à tout coup. Puis, pour conclure l’analogie, dans un amplificateur, lorsque l’entrée et le gain se veulent positifs, la sortie puise alors dans l’alimentation positive (Vcc).

Pour ce qui est des corporatistes et de l’État, depuis 1960, la différence des entrées d’argent moins la somme des demandes corporatistes avec les services aux citoyens s’avère négative, il faut alors puiser … plutôt emprunter de l’argent que l’on ne possède pas pour forcer le statu quo. Donc, depuis 50 ans, nous sommes branchés sur le Vee (alim. négative) …

Fraddé

P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène