La gau-gauche et les libertariens, que je commence à mettre de plus en plus dans le même panier, vous diront combien Pinochet fut crapuleux, combien il a été antidémocratique, que Salvador Allende était en réalité un bon gars qui voulait le bien de son peuple, un bon «Salvador», après le bon «Jack» …

Rappelons certains faits. 1970 : Allende prend le pouvoir. N’ayant pas la majorité au parlement, il gouverne par décret, ce qui lui permet de court-circuiter la chambre des élus du peuple (bonjour la démocratie). Ce dernier nationalise à peu près tout ce qui bouge : banques, mines, entreprises privées de toutes sortes, réforme agraire. Évidemment, toutes ces nationalisations se sont faites sans indemnisations, faisant fuir du pays, à grandes pompes, les investisseurs. Les exportations des matières premières chutent, alors que les importations explosent (entre autres parce que le peuple n’a plus rien à se mettre sur la dent). Pour financer toutes ses nationalisations, Allende imprime de l’argent (à partir de rien…), ce qui provoque une inflation monstre, et emmène davantage le pays au bord du gouffre. Par inflation, on ne parle pas ici d’un petit 1% ou 2% annuel, mais bien du 500% MENSUEL !!! Le pays s’écroule et les forces armées s’organisent pour tasser le tyran socialiste du pouvoir … avant qu’il ne soit trop tard.

11 septembre 1973 : la libération du Chili par un militaire conservateur (droitiste). Augusto Pinochet applique immédiatement des privatisations systématiques de ce qu’Allende avait volé aux investisseurs. Seules les mines de cuivre demeurent la propriété de l’État. Une politique d’austérité est mise de l’avant, spécialement lorsque le nouveau Président fait appel aux Chicago Boys, ces économistes latinos inspirés par Milton Friedman. On appellera «Le Miracle chilien», le résultat des initiatives économiques libérales mises de l’avant par ces gens.

L’héritage : comme l’indique le graphe ci-dessus, ce retour au libéralisme in extremis, grâce à l’initiative de Pinochet et ses alliés, fait qu’aujourd’hui, le Chili est de loin (toutes proportions gardées) le pays économiquement le plus en santé et le plus prospère des trois Amériques. Leur dette nationale représente 6% de leur PIB. Le pays ne bénéficie d’aucune aide internationale, ils exportent 30% de plus qu’ils importent. L’évaluation de leur crédit est de AA pour le domestique, A+ pour l’étranger et AA pour la gestion des finances publiques.

http://en.wikipedia.org/wiki/Economy_of_Chile

Si les gens sont au minimum honnêtes avec eux-mêmes, ils doivent au moins reconnaître que ce retour au libéralisme  économique et à la discipline individuelle du Chilien moyen leur a permis de retrouver un standard de vie élevé , ce qu’ils avaient perdu (entièrement) sous Allende. Là, je me dis que c’est toujours plus facile lorsqu’on parle des autres. Mais imaginez un instant si nous devions vivre ce qu’ont vécu les Chiliens entre 1970 et 1973 … et qu’un Pinochet canadien s’imposerait pour redresser la situation : n’auriez-vous pas un certain respect pour ce dernier ?

Fraddé
P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène