Derniers Articles »

En électro, la notion de «feedback» est associée aux amplificateurs opérationnels. Soit pour maintenir et rafraîchir une tension d’entrée ou pour obtenir un gain (calculé) de tension en sortie, l’application du feedback est possible si et seulement si l’on retourne la sortie à une des deux entrées. Ce processus assure donc l’asservissement de la sortie en fonction de l’entrée.

En politique, il existe un phénomène très similaire. Avant tout, je tiens à rappeler que je suis un capitaliste classique. Les notions de liberté économique, de concurrence et de mérite me sont très chères. Malheureusement, même dans une telle société, les concepts de «monopole» et de «syndicats omniprésents» n’y sont pas nécessairement absents. Pour le premier concept, une PME d’un domaine précis a beau vouloir innover et vouloir prendre de l’expansion, si en amont, on retrouve un monopole (public ou privé) déjà bien implanté et qui très souvent, n’est jamais très loin du pouvoir politique, alors la PME en question meurt souvent dans l’œuf.

Voila qui introduit bien ce que j’appelle le feedback corporatiste. Comme le montre l’image ci-dessous, la gestion des dépenses gouvernementales (de l’argent récolté par nos lourds impôts) est étalonnée selon les besoins et désirs des grands corporatistes gravitant autour de l’État. Si lors d’une année ou un trimestre, ces derniers se veulent plus gourmands (e.g augmentation des salaires des fonctionnaires, plus de subventions aux grandes entreprises), le feedback voulant toujours maintenir l’équilibre (forcer la stabilité), il peut  donc  y avoir deux avenues possibles pour une actualisation du feedback corporatiste dans notre exemple: soit une hausse des impôts des contribuables ou bien pour un même fardeau fiscal, moins de services et d’aides seront donnés aux citoyens et aux PME. D’une façon ou d’une autre, nous sommes perdants, tandis que les corporatistes gagnent à tout coup. Puis, pour conclure l’analogie, dans un amplificateur, lorsque l’entrée et le gain se veulent positifs, la sortie puise alors dans l’alimentation positive (Vcc).

Pour ce qui est des corporatistes et de l’État, depuis 1960, la différence des entrées d’argent moins la somme des demandes corporatistes avec les services aux citoyens s’avère négative, il faut alors puiser … plutôt emprunter de l’argent que l’on ne possède pas pour forcer le statu quo. Donc, depuis 50 ans, nous sommes branchés sur le Vee (alim. négative) …

Fraddé

P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

Je tiens à rappeler que j’ai toujours considéré l’idée même du Réseau Liberté Québec comme constructive et qu’additionnée à la Ligue des contribuables du Québec, à l’IEDM, au CPQ et même sur différents enjeux, à la CAQ, la somme de ces entités représentera sans aucun doute une solide contre-offensive aux lobbys gauchistes, aux centrales syndicales en perte de vitesse, aux ordres professionnels, et aux establishments libéral et péquiste.

Comme dans toute chose, pour arriver à bon port, il faut que les discours et les idées demeurent dans une plage accessible à un grand bassin de la population, i.e éviter les positions extrêmes. Le Réseau organise un événement-conférences le 5 novembre prochain, à St-Hyacinthe, où Martin Masse (du Québécois Libre) et son sbire minarchiste, Philippe David, seront de la partie. Que l’on me comprenne bien ici : je n’ai rien de personnel contre ces deux hommes, à vrai dire, je ne les connais pas intimement. Ce que je sais, par contre, c’est que leurs idées ne rejoignent qu’une infime partie des citoyens et que de laisser trop d’espace à ces deux hommes, surtout  au sein d’un mouvement qui se veut grassroots, risque de marginaliser l’ensemble du Réseau, et ce dernier ne fera que s’isoler davantage de la majorité silencieuse (au grand plaisir de la gauche).

Faites seulement une recherche pour entendre des extraits audio de M. Masse, et vous constaterez que ce dernier est dans les faits, un anti-étatiste pur et dur. «Anti-état» signifie la disparition de toutes formes d’autorités légales. Comment une nation fondée sur la notion du «droit» peut-elle assurer l’application du droit civil à l’intérieur même de ses frontières sans autorité ? Comment une nation peut-elle appliquer un sérieux contrôle sur son immigration sans ministère de l’immigration ? Comment les ententes inter-provinces et internationales pourront se faire sans état de notre côté, donc, sans qu’on se fasse avoir à tout coup ? Comment assurer la protection de notre héritage et de contrer un maximum d’excès sans un état qui joue pleinement son rôle ? […]

Malgré ces questions sans réponses, il y a des gens qui paieront 20$ pour gaspiller leur après-midi, dimanche prochain, pour écouter les utopies de Masse et David. Ça, c’est une chose. Mais l’impact que de leurs discours peut avoir sur l’image du Réseau est une chose bien pire. À mon humble avis, le Réseau et l’ensemble de la droite au Québec n’a pas ce luxe de laisser passer ce genre de conférences. Surtout pas ces temps-ci, où pour une rare fois en cinquante ans, nous avons le momentum.


Fraddé

P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

Un Blog WordPress.com. | Thème : Motion par volcanic.
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.